Top

Les PGI aident les enseignants, en légitimant les cours théoriques

L'utilisation pédagogique d'un PGI est au programme de certaines filières, comme celle du DUT Gestion des Entreprises et des Administrations (GEA).

Les PGI aident les enseignants, en légitimant les cours théoriques

Grâce à ces progiciels utilisés en entreprise, les étudiants augmentent leur employabilité. Et les enseignants en tirent aussi des avantages, comme l’explique Muriel Perez, Maître de conférences en gestion à l’IUT de Saint-Etienne et chef du département GEA.

 

 

Quelle est l’importance de la notion d’employabilité dans votre cursus DUT GEA ?

 

Notre DUT GEA regroupe environ 180 étudiants en 1ère année et 120 en 2ème année. Des licences professionnelles permettent de prolonger ce cursus (Bac+3).

 

Les entreprises sont friandes de diplômés issus de filières DUT comme le DUT GEA par exemple, parce que ces étudiants ont été régulièrement confrontés à des situations professionnelles. Par exemple, pour les 1ère année, nous organisons un stage de 3 semaines en entreprise, et de 8 semaines en 2ème année. Ce qui fait 11 semaines de stage pour ces Bac+2.

 

Par ailleurs, la quasi-totalité d’entre eux poursuit ses études pour aller au terme d’un 1er cycle, soit Bac+3. Près du 1/4 de nos étudiants rejoignent le monde du travail après cette 3année, et les autres prolongent jusqu’à Bac+5 ou partent à l’étranger, par exemple.

 

Les notions d’employabilité et de professionnalisation des enseignements sont donc au cœur de nos stratégies d’enseignement. Nous essayons de faire en sorte que les acquis soient rapidement exploitables en entreprise. Cette vocation est très ancrée dans ces diplômes universitaires. De fait, les statistiques nationales concernant l’accès à l’emploi sont élevées, 83% des étudiants sortant d’un DUT GEA et ne poursuivant pas leurs études sont en emploi. Parmi les étudiants s’insérant dans la vie professionnelle 89% sont à temps plein et 71% en emploi à durée indéterminée. Source : Etude sur le devenir des diplômés DUT GEA 2013, IUT.

 

Rappelons aussi que, au niveau national, les diplômes DUT GEA, comme les autres DUT, connaissent des évolutions de programme tous les 5 ou 6 ans, qui tiennent compte de l’évolution des attentes du monde professionnel.

 

Qu’attendent les entreprises de ces étudiants ?

 

Les entreprises souhaitent que les étudiants soient bien familiarisés avec les progiciels, et avec les outils et processus informatiques en général. Nous donnons la possibilité aux étudiants de comprendre et manipuler les outils numériques (bureautiques ?) standards (Excel, Access, etc.). Leurs compétences dans ce domaine sont immédiatement exploitées par les entreprises, lors des stages notamment.

 

Au global, les entreprises nous font des retours positifs sur nos étudiants. Elles essaient d’ailleurs souvent de les recruter mais ceux-ci, comme je l’ai évoqué, préfèrent presque toujours poursuivre leurs études.

 

Les entreprises ont également des attentes concernant les progiciels de type ERP-PGI, mais ceux-ci ne sont pas disponibles dans tous les DUT GEA au niveau national. Pour notre part, à l’IUT de Saint-Etienne nous avons mis à disposition des élèves le PGI de Cegid, depuis 8 ans.

 

Dans quel cadre pédagogique utilisez-vous ce PGI ?

 

Le PGI de Cegid est également utilisé dans le cadre du DUT GACO (Gestion Administrative et Commerciale des Organisations) et dans plusieurs de nos licences professionnelles (Gestion des ressources Humaines, Assistant Comptable et Financier, Assistant Contrôleur de Gestion). Pour ma part, dans le cadre de mon enseignement de DUT GEA, j’utilise son module de paie avec les étudiants de 2ème année qui sont en option Gestion des Ressources Humaines (GRH) et en Gestion Comptable et Financière (GCF). Ils passent environ 16 heures à la paie sur ce progiciel. Ce n’est pas une découverte totale, puisque, en 1ère année, ils ont déjà travaillé sur le module Comptabilité du PGI et qu’ils en approfondissent la connaissance en 2ème année.

 

Nos étudiants accèdent à ce PGI dans nos locaux uniquement et en libre-service. Par contre, nous n’avons pas déployé l’utilisation à distance, depuis le domicile par exemple, en mode SaaS.

En fin d’année, et pour les inciter à la faire apparaître sur leurs CV, nous leur délivrons une attestation d’usage du PGI Cegid, sous condition de notes (soit 14 ou 15 au minimum). Cela leur donne le droit d’utiliser une version chez eux, à titre privatif.

 

Quelles difficultés rencontrent les étudiants dans l’utilisation des PGI ?

 

Dans le cas de la paie, il y a évidemment une différence de difficulté énorme entre l’édition d’un bulletin papier et la production d’une fiche de paie sur PGI… Il est important qu’ils comprennent ce qu’ils auront à faire en entreprise, sur la base d’un PGI. Nous essayons de leur faire prendre de la hauteur, de leur faire découvrir la structure du progiciel et la logique du processus de paie, car ils ont souvent tendance à se cantonner à un mode « presse bouton ».

 

Ils découvrent aussi qu’il y a des liens profonds entre la structure d’un PGI et celle d’une entreprise. Par exemple, dans le cas de la paie, il faut savoir lier la fiche « établissement » et les paramètres liés aux congés payés, aux absences, à la badgeuse, etc. De cette façon, les étudiants découvrent que le PGI est un point d’entrée dans les modes de fonctionnement réels de l’entreprise.

 

En général, les étudiants sont friands de cette pédagogie concrète – dans une discipline, la paie, qui ne leur semble pas très attractive à priori. Avant de se lancer, les étudiants d’aujourd’hui veulent savoir pourquoi ils font les choses, à quoi cela va leur servir plus tard… ils sont pragmatiques ! Du coup, l’utilisation pédagogique d’un PGI – exploité en entreprise – est parfaitement légitime à leurs yeux.

 

Pour les enseignants, quels sont les avantages des progiciels et notamment des PGI ?

 

Je constate que les PGI nous aident en tant qu’enseignants, en nous permettant de légitimer nos cours théoriques. Cela nous permet aussi de présenter les notions de façon plus transversale. D’habitude, les étudiants ont beaucoup de mal à faire des liens entre les matières qu’on leur enseigne. L’utilisation d’un PGI permet de décloisonner leur vision.

 

Les exercices sur table sont nécessaires mais ils ne suffisent pas à donner aux étudiants une vision concrète et une approche opérationnelle. Après qu’ils aient utilisé un PGI, il est intéressant pour nous, enseignants, de voir comment ils se sont approprié les notions, et de connaître les nouvelles questions qu’ils se posent. Cela nous permet souvent de revenir sur des points importants, avec un éclairage différent. Ces allers-retours entre la théorie et la pratique sont vraiment indispensables à un bon enseignement.

 

Quelle est votre démarche pédagogique concernant les scénarios d’utilisation d’un PGI ?

 

Au fil des 8 années précédentes, nous avons étoffé nos scénarios progressivement. En fait, nous avions inclus l’enseignement sur PGI avant même qu’il ne devienne obligatoire dans les programmes nationaux. Désormais, nous avons organisé l’enseignement en séances pratiques, (chacune étant consacrée, par exemple, à l’Etablissement, aux Salariés, aux Congés, etc.). Nous travaillons sur des exemples et des cas d’entreprise. Ensuite ils consacrent 2 heures à un cas complet, qui regroupe plusieurs notions vues pendant les séances. Cela leur permet de faire le bilan de leurs connaissances et de leurs lacunes.

 

Au global, nos étudiants s’en sortent plutôt bien dans ces exercices sur PGI. Comme je l’ai souligné, ce qui leur manque c’est surtout une prise de hauteur, la vision générale d’un contexte. Car ils se rendent vite compte que cliquer n’importe où ne leur permettra pas de trouver la solution… et c’est finalement très formateur !

 

Christophe Castro pour Cegid Education

 

 

Les étudiants en parlent :

 

« Ce cours permet de découvrir un logiciel de paie ce qui a un grand intérêt car cela permet de mettre en pratique ce que l’on a vu en cours »

 
« C’est un logiciel complet tout en étant simple d’usage, il est intéressant de l’utiliser car cela pourra nous aider en entreprise. Je trouve que ce cours est utile et vital sur un CV »

 

« L’utilisation semble tout à fait utile et nous montre concrètement ce en quoi consiste la paie et comment elle est traitée en entreprise. C’est cette approche concrète qui est intéressante »

 

« Très intéressant. cela m’apporte de nouvelles connaissances dans le domaine de la paie. Permet de mieux appréhender le bulletin de salaire et tout ce qui s’y rapporte »

 

« Intéressant de découvrir comment paramétrer la gestion de la paie dans une entreprise même s’il y a beaucoup de détails à connaitre »

 

L’IUT GEA de Saint Etienne – Université Jean Monnet :

Le département GEA forme 400 étudiants par an depuis 50 ans en proposant des formations professionnalisantes en gestion, offrant un grand choix de poursuites d’études à bac + 3/bac + 5 dans les domaines du management, de la comptabilité, du contrôle de gestion, des ressources humaines, des systèmes d’information de gestion, du marketing et de la communication…