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EPA – Entreprendre pour apprendre : Des élèves qui gagnent en confiance

Apprendre en faisant et en entreprenant, telle est la méthodologie d'EPA

EPA – Entreprendre pour apprendre : Des élèves qui gagnent en confiance

Une plus grande confiance en eux, dans l’avenir, et dans le groupe ! C’est le bilan des sessions de création de mini-entreprises, organisées dans les collèges et lycées par l’association Entreprendre Pour Apprendre. Quant aux enseignants, ils découvrent de nouvelles approches pédagogiques. Rencontre avec Pascal Reber, président bénévole de l’association EPA, Entreprendre Pour Apprendre, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

QUELLE EST LA VOCATION D’ENTREPRENDRE POUR APPRENDRE, AU NIVEAU RÉGIONAL OU NATIONAL ?

 

Notre objectif est de montrer aux jeunes – principalement de la 3ème à la terminale – que la création d’entreprise est à leur portée. Les activités pédagogiques proposées se font essentiellement en classe, par petits groupes.

On constate qu’elles apportent beaucoup aux participants : ils développent de la confiance en eux et dans le groupe, ils se projettent dans l’avenir, ils découvrent leurs capacités d’initiative, et ils trouvent des clés pour comprendre l’économie et le monde qui les entoure.

Ces apprentissages sont donc très complémentaires de l’enseignement traditionnel, ce qui nous donne le sentiment de participer au renforcement des liens entre l’école et l’entreprise. Au niveau national, nous travaillons de façon étroite avec le Ministère de l’Education, et au niveau régional avec les rectorats de Clermont-Ferrand, Grenoble et Lyon.

 

QUEL EST LE RESSENTI DES ÉLÈVES PARTICIPANTS ?

 

On peut le résumer en ces termes : « ce qui nous semblait d’abord impossible, nous avons réussi à le faire en groupe, et j’y ai participé utilement ». L’impact émotionnel et intellectuel est considérable, et globalement très positif.

La confiance en soi nous apparaît comme le plus grand bénéfice obtenu, loin devant la qualité des produits et des services imaginés par les élèves. Et quand les entreprises créées font des bénéfices, ils sont reversés à des organismes caritatifs, ce qui donne également du sens aux actions entreprises.

 

QUELLE MÉTHODE PÉDAGOGIQUE UTILISEZ-VOUS ?

 

Notre méthode pédagogique est simple à résumer : apprendre en faisant (learning by doing). Et elle surprend beaucoup les élèves : ils découvrent qu’ils peuvent agir efficacement, sans commencer obligatoirement par des bases théoriques. Pour certains élèves, cette façon d’apprendre est aussi une révélation, une ouverture sur des capacités qu’ils ne se connaissaient pas.

Au total, les sessions d’animation peuvent durer de 30 à 70 heures, réparties sur l’année scolaire.

Chaque mini-entreprise est aidée par un parrain ou une marraine, chef d’entreprise ou salarié, au rythme d’1 fois par mois environ. Il ou elle intervient pendant la session pour donner des conseils avisés, issus du « terrain ». L’autre avantage pour les élèves est de se sentir ainsi valorisé par un(e) professionnel. Ce mécénat de compétences est, par exemple, exercé par certains salariés du groupe Cegid.

 

COMMENT SE DÉROULE CET APPRENTISSAGE A ENTREPRENDRE ?

 

Idéalement, l’encadrement est fait par 1 ou plusieurs professeurs. Et justement, ils adoptent une posture éducative qui ne se résume pas à « dérouler » un programme ! La proposition typique est plutôt de la forme : « aujourd’hui, qu’est-ce qu’on fait ? ». Et les actions engagées s’inscrivent dans la logique suivante : avant de monter une entreprise, il faut créer un produit ou un service innovant, et pour innover il faut se mettre autour d’une table et laisser chacun s’exprimer.

Le groupe explore ainsi librement des thèmes qui inspirent ses membres. Bien souvent, ce sont des produits ou services en lien avec l’écologie qui émergent ainsi spontanément : protection de l’environnement, produits du recyclage, etc.

On leur propose ensuite de faire une étude de marché, pour le produit ou service visé. Ils doivent aussi rédiger leurs CV en expliquant le rôle qu’ils souhaitent jouer dans l’entreprise.

Pour sa part, notre association Auvergne-Rhône-Alpes rassemble chaque année près de 3000 élèves autour de mini-entreprises. Nous avons monté un partenariat avec l’association Sport dans la ville, la principale association d’insertion professionnelle par le sport en France. Les jeunes qui y sont inscrits ont la possibilité de remplacer leur matinée de sport, le samedi, par celles que nous organisons.

 

DANS LES SESSIONS DE CRÉATION DES MINI-ENTREPRISES, QUE FONT LES ENSEIGNANTS ?

 

Les personnels de nos associations régionales forment les enseignants. Ils n’ont pas nécessairement un profil « gestion » ou « économie » mais la dynamique et l’expérience éducative les intéressent. Nous organisons des sessions de sensibilisation, puis nous constituons des groupes d’enseignants et nous leur transmettons nos méthodes au cours d’1/2 journée de formation.

Pour l’essentiel, nous les accompagnons dans ce « changement de posture ». Plutôt que de transmettre des connaissances, ils apprennent à animer et à structurer les échanges entre les élèves, tout au long du projet de création de la mini-entreprise. Pendant l’année, les enseignants peuvent accéder à nos ressources pédagogiques en ligne, regroupées sur une sorte de MOOC.
Les enseignants retirent une grande satisfaction de cette expérience, qui leur permet d’acquérir ou de développer des aptitudes différentes.

 


Les mini-entrepreneurs d’EPA en ‘live’

 

Les enseignants peuvent aussi solliciter l’aide de nos experts, s’ils en ont besoin. Il peut arriver, en milieu de projet, que les élèves soient pris de doutes sur leurs propres capacités : nos interventions visent à maintenir l’enthousiasme et la confiance, quitte à réduire les ambitions parfois… Et là aussi, les avantages pédagogiques sont remarquables : il faut apprendre à se remotiver, à rebondir après un échec, à trouver de nouvelles solutions…

Au final, moins de 5 % seulement des mini-entreprises ne vont pas jusqu’au bout !

 

QUE SE PASSE-T-IL EN FIN D’ANNÉE, APRES QUE LA MINI-ENTREPRISE AIT ÉTÉ CRÉÉE ?

 

Au terme de l’année scolaire, la mini-entreprise fait son bilan d’activité, puis elle est soldée. Cela n’empêche pas les élèves de la refonder ultérieurement, dans un cadre indépendant de l’établissement scolaire et de notre association.

Dans le courant de l’année, on constate que les élèves reviennent sur leur projet, même en dehors du temps scolaire. C’est souvent le cas lorsqu’ils souhaitent que leur projet soit distingué, lors de notre salon annuel. En effet, pour récompenser les meilleures initiatives, EPA organise des concours au niveau régional, national, européen et mondial. Pour exemple, le salon national a réuni l’an dernier près de 2500 élèves.

 

Le Teaser du Salon Régional 2016

 

 

QUEL BILAN FAITES-VOUS DE CES SESSIONS DE CRÉATION DE MINI-ENTREPRISES ?

 

Les enseignants nous signalent que leurs relations avec certains élèves sont transformées. Le changement de posture libère certaines aptitudes relationnelles ou, tout simplement, révèle des qualités humaines. Il n’est pas rare que certains élèves, dont le niveau scolaire n’est que moyen ou passable, manifestent des qualités insoupçonnées de leader.

En France, près de 80 % des élèves se disent « transformés » par cette expérience d’apprentissage. Ils manifestent le sentiment d’un gain de confiance en eux et la satisfaction de découvrir des qualités personnelles qu’ils ne se connaissaient pas.

Ces résultats très positifs sont à mettre en relation avec le fait que moins d’1% des élèves français accède à nos formations. Mais dans les pays nordiques et anglo-saxons, le pourcentage de collégiens et lycéens participants à une mini-entreprise est d’environ 10 à 15 %. Nous sommes donc convaincus qu’il faut faire plus !

Selon notre expérience, les freins se situent surtout du côté des enseignants : ils semblent redouter de se trouver dans une posture pédagogique nouvelle. Il ne s’agit que d’un a priori, puisque les enseignants impliqués se disent satisfaits de l’expérience à 85%. Et la plupart renouvellent les sessions l’année suivante.

 

PROPOSEZ-VOUS D’AUTRES ACTIVITÉS PÉDAGOGIQUES, MOINS IMPLIQUANTES POUR LES ENSEIGNANTS ?

 

Deux activités ont été créées pour intéresser les élèves et permettre aux enseignants de mesurer cet intérêt. Nous organisons 1 journée appelée Innov. Elle consiste à réunir 2 ou 3 classes, de niveaux et de lycées différents, et à les emmener dans une entreprise : celle-ci leur expose une problématique sur laquelle ils doivent innover. On leur fait d’abord faire un brainstorming, puis ils doivent choisir la meilleure solution au problème proposé, et enfin faire un résumé oral (pitch).

La seconde activité concerne les CM1 et CM2 et s’intitule Notre commune. Avec l’enseignant, ils font le tour du quartier, afin de découvrir leur environnement socio-économique. Après la promenade, ils sont invités à imaginer un service ou une activité qu’ils aimeraient avoir dans leur quartier et à en réaliser la maquette.

Ces activités sont très stimulantes pour les élèves et pour les enseignants qui découvrent l’incroyable enthousiasme et la créativité de leurs élèves !

 

 

A lire également : Compte-rendu du colloque « La formation au service de l’entreprise : quels enjeux ? »

 

Christophe Castro pour Cegid Education

 

 

Et participez à un Petit Dej’ d’information en Février 2017 dans votre ville !

 

 

EPA en bref :
Agréée par le ministère de l’Éducation Nationale, fondée en France en 1990, l’association nationale Entreprendre Pour Apprendre fait partie du réseau Junior Achievement Worldwide, fondé aux Etats-Unis en 1919. Elle en partage les valeurs et les méthodes pédagogiques. L’association française bénéficie du soutien de nombreux réseaux professionnels (Agefa PME, CCI France, CGPME, CJD, Medef…), et de nombreuses entreprises et fondations d’entreprises (Orange, Maif, La banque postale, Microsoft…). La Fondation Cegid est partenaire de ses programmes et Cegid Education met à sa disposition Quadra Comptabilité pour la gestion de ses mini-entreprises.