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Cabinets comptables : 5 conseils pour recruter les jeunes talents

Cabinets comptables : 5 conseils pour recruter les jeunes talents

Dynamique, connectée et créative, la génération Z intéresse beaucoup les cabinets comptables. Mais ces derniers souffrent d’un manque d’attractivité et d’une image un peu désuète : comment attirer et retenir les jeunes talents ? Les conseils de Loïc Vegas*, chef de mission comptable et postulant au titre d’Expert-Comptable.

 

* Bientôt trentenaire, diplômé du DCG et DSCG, Loïc Vegas travaille dans l’expertise comptable depuis 6 ans et est actuellement employé au cabinet comptable Orfis Baker Tilly, à Lyon. Dans le cadre de son cursus pour obtenir le diplôme d’Expert-Comptable et Commissaire aux Comptes (DEC), il a mené une étude originale, matérialisée par un mémoire. Etudiants, enseignants et cabinets comptables ont été interrogés et leurs réponses analysées.

 

 

Dans quel cadre se situe votre travail de recherche ?

 

J’ai réalisé ce mémoire en vue de le présenter lors de ma soutenance pour un diplôme d’Expert-Comptable, laquelle a lieu dans quelques jours. J’ai voulu aborder 2 tendances :

 

• on présente souvent la génération Z (née après 1995) comme dynamique, impatiente, connectée, créative et décomplexée. Elle est aussi porteuse de projets, de sens et de valeurs – même si c’est parfois de façon paradoxale,

 

• force est de constater que les aspirations des Z coïncident avec des tendances lourdes : la transformation digitale des entreprises, la croissance exponentielle de l’économie collaborative et le phénomène d’ubérisation, lesquels concernent les entreprises et les cabinets comptables.

 

Ce mémoire, que j’ai intitulé « L’attractivité des cabinets et des cursus comptables pour la génération Z », a pour but :

 

• d’étudier le système actuel de formation, ainsi que les motivations et les freins de la génération Z par rapport à leur emploi en cabinet comptable,

 

• de revisiter le processus de recrutement et d’exposer les moyens d’une refonte du système RH des cabinets, pour entrer en cohérence avec les aspirations des jeunes et la nouvelle économie.

 

Quelle a été votre méthode de travail ?

 

J’ai réalisé de nombreuses interviews et des sondages d’opinion sur les réseaux sociaux auprès de lycéens et d’étudiants en Licence et BTS, DCG, en Master CCA et DSCG. L’objectif général étant de comprendre les attentes de ces étudiants quant à leurs futures conditions de travail : comment souhaitent-ils être recrutés ? Qu’est-ce qui les intéresse dans une offre d’emploi ? etc.

 

Les chiffres sont disponibles dans mon mémoire, que l’on peut obtenir sur simple demande, via mon profil Linkedin. Par parenthèse, j’ajoute que le blog de Cegid Education fait partie des sources que j’ai utilisées pour réaliser mon mémoire, en raison des nombreux experts qui viennent y partager leur expérience.

 

Quelles sont les principales conclusions de votre étude ?

 

1. L’image véhiculée par la profession et les cabinets d’expertise comptable n’est pas très attractive pour la génération Z. Il me semble que les professionnels pourraient se mobiliser pour améliorer la transparence et l’attractivité de cette profession. C’est même leur intérêt, s’ils souhaitent intégrer les nouvelles générations et les nombreux talents qui la caractérisent notamment lorsque l’on constate leur volonté d’être entrepreneurs, pragmatiques et sociables.

 

2. Paradoxalement, les cabinets comptables affichent souvent la notion de « marque employeur » mais, au final, ces fondamentaux ne semblent pas mis en œuvre ou maîtrisés.

 

3. La génération Z accorde beaucoup d’importance à l’image. En priorité, elle cherche à la percevoir via Internet et les médias sociaux. Avant de candidater, cette génération va systématiquement consulter le site web du cabinet, regarder les profils LinkedIn des fondateurs ou collaborateurs, rechercher des interviews, examiner le profil de la clientèle, etc. Donc beaucoup de choses se jouent avant d’envisager de postuler ! Sans le savoir, de nombreux cabinets seront amenés ainsi à sortir de la compétition, après cette discrète enquête numérique.

 

Qu’est-ce qui n’apparait pas assez attractif pour la génération Z ?

 

Plusieurs facteurs interviennent, avant que ces jeunes n’envisagent de s’engager dans une relation professionnelle durable. Par exemple, ils vont chercher à savoir comment sont structurés les niveaux hiérarchiques.

 

Car, autrefois, les relations professionnelles dans ces métiers étaient très verticales. Mais les jeunes générations ont une double attente :

 

• avoir une relation nourrie et privilégiée avec un mentor,

 

• et se sentir en phase avec la culture et les valeurs du cabinet comptable.

 

Il ne faut pas oublier que la recherche de l’utilité est le mot d’ordre de cette nouvelle économie.

 

A quoi correspondent ces attentes managériales ?

 

Ces attentes correspondent à la volonté d’évoluer rapidement dans l’entreprise : ces jeunes veulent donc comprendre en amont ses mécanismes. D’où ma recommandation aux cabinets comptables d’avoir un discours clair, honnête et motivant par rapport aux possibilités d’évolution qu’ils offrent.

 

Quelles sont les compétences managériales à afficher et comment ?

 

Le cabinet doit se poser franchement la question : qui a l’envie et la faculté d’être mentor ? Sachant que, concernant ces jeunes, le hiérarchique n’est pas uniquement évalué sur ses diplômes – c’est notamment ce qu’a révélé mon enquête.

 

Autrement dit, la crédibilité d’un leader se mesure aussi au relationnel et à l’expérience accumulée : des éléments considérés comme décisifs pour prétendre au rôle de mentor.

 

Si les fondateurs ou les associés ne peuvent ou ne veulent pas jouer ce rôle de mentoring, il importe de les déléguer à des personnes crédibles et volontaires, si possible à l’intérieur du cabinet.

 

Redisons-le : si le cabinet n’est pas en mesure de fournir ces efforts et de formaliser cette « offre » d’encadrement individualisé, de nombreux talents ne postuleront pas.

 

D’où un second objectif : la mise en avant de ces mentors, en vue de les faire apparaître comme des ambassadeurs de la marque employeur. On peut aussi imaginer de valoriser leur stratégie d’accompagnement individualisé. Tous ces éléments devront être visibles sur Internet et les médias sociaux comme Linkedin, Facebook et autres.

 

Et comme la nouvelle génération – ce n’est pas une surprise – redoute beaucoup de s’ennuyer, il faudra lui montrer la variété des missions, des contextes, des clients, la richesse humaine, etc.

 

Quelle est l’importance des médias numériques pour cette génération Z ?

 

D’ores et déjà, il est indispensable d’avoir un site web étoffé et une présence sur LinkedIn significative. Je pense que dans les années qui viennent, il faudra y ajouter un compte Instagram, voire un compte Facebook Business si cette plateforme finit par s’imposer.

 

Lors de mon enquête, je me suis également rapproché de responsables de communication dans des cabinets de recrutement : ils m’ont confirmé l’importance de soigner son image sur ces médias sociaux, et de l’actualiser régulièrement !

 

Donc, une marque employeur attractive est d’abord numérique : elle produit des actualités sur LinkedIn et Instagram, elle fournit des expertises et des apports documentaires.

 

Quels sont les avantages de cette stratégie de communication numérique ?

 

C’est coup double : cette stratégie va attirer les jeunes talents mais aussi les jeunes entreprises et startups à fort potentiel. L’objectif commun étant de développer l’attractivité, d’une part, et de commencer à nouer une relation de confiance, d’autre part.

 

Plus généralement, cette démarche s’inscrit dans une stratégie de communication brand content ou de marketing de contenu. Elle repose sur la qualité et l’authenticité des informations publiées. Cet impératif de sincérité va parfois amener le cabinet comptable à préciser ses propres limites : une image trop parfaite pouvant susciter le doute !

 

En résumé, l’empreinte numérique d’un cabinet comptable va déterminer son e-réputation, son attractivité et limiter son turn-over.

 

Quelle est l’importance des outils numériques du cabinet comptable ?

 

Quand le collaborateur aura intégré le cabinet, il devra retrouver l’authenticité promise lors de l’entretien de recrutement et être en phase avec les outils. Il est donc important de lui proposer des outils référents qui, dans l’idéal, auront été utilisés pendant les études.

 

Et n’oublions pas que la tendance actuelle est d’ouvrir ces mêmes outils aux clients eux-mêmes. C’est l’idée de comptabilité collaborative. Pour ma part, je la mets en oeuvre avec mes clients grâce à Cegid Connect. Ce type d’outils et cette méthode collaborative permettent des gains de productivité importants, pour le cabinet comme pour l’entreprise cliente.

 

Une vraie communication peut s’installer autour de tels outils. J’exerce en cabinet depuis près de 6 ans, et j’ai pu voir l’évolution rapide de ces pratiques : il faut désormais préciser la pédagogie à déployer, du côté du client, pour lui faire gagner en fiabilité, en réactivité et en productivité.

 

Quels sont les avantages des outils de comptabilité collaborative pour la génération Z ?

 

Les jeunes employés aiment le sentiment d’autonomie et de contrôle que leur donnent ces outils de comptabilité partagés. La révolution du web social a profondément marqué les attentes et le désir d’agir de cette génération !

 

Selon mon expérience, l’avantage de Cegid Connect est d’être un logiciel de comptabilité, et non un simple outil de gestion collaborative. Le client doit faire un petit apprentissage pour effectuer ses saisies. Mais ensuite, l’utilisation conjointe de l’outil permet de suivre, d’alerter et de conseiller le client au mieux.

 

Au final, ces logiciels et ces pratiques apportent une plus grande crédibilité au cabinet comptable, en lui permettant de se concentrer sur des conseils à forte valeur ajoutée pour son client.

 

Les cabinets peuvent donc jouer sur leurs outils collaboratifs – et sur leurs employés les plus habiles dans leur exploitation ! Ces outils collaboratifs contribuent donc au rayonnement du cabinet comptable, à son image d’ouverture et de modernité.

 

Propos recueillis par Christophe Castro